Renaturation et aménagements piscicoles : exemple de la rivière du Glandon

Comment améliorer les trames verte et bleue sur un cours d’eau et augmenter l’attractivité pour les poissons ?

Focus sur les 4 mois de chantier de renaturation du Glandon qui ont permis de réaliser une action du contrat vert et bleu Bauges Chartreuse. Le Glandon souffrait de nombreux dysfonctionnements écologiques suite à son artificialisation. Les travaux ont permis de restaurer la continuité écologique en améliorant sa confluence à l’Isère pour les poissons mais a permis également une renaturation des lits mineur et majeur et leur végétalisation avec l’aide du génie écologique. Las travaux ont été favorables plus globalement à l’ensemble de la faune et de la flore.

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Une action du contrat vert et bleu portée par la Fédération de Pêche de la Savoie

Au fil du temps, la rivière avait subi une forte rectification et un endiguement de son lit diminuant drastiquement son attractivité pour la faune et la flore. Un projet global de renaturation avait été proposé dans le cadre du contrat vert et bleu local. Cette opération a été portée et développée par la Fédération de Pêche depuis 2008. TEREO est intervenu en tant que maître d’œuvre sur la conception et le suivi des travaux. Ces derniers avaient pour but de restaurer le fonctionnement écologique du cours d’eau en diversifiant les habitats aquatiques du lit mineur et majeur et de rétablir la continuité piscicole avec l’Isère.

La continuité écologique

Confluence après travaux

Une remise en forme des blocs libres de la confluence entre la rivière Isère et le Glandon a permis d’aménager une rampe franchissable par l’ensemble de la faune piscicole. Ces travaux ont permis de donner encore plus de sens à la suite de la renaturation en rouvrant 2,2 kilomètres de Glandon restauré à l’amont.

Aménagement du lit mineur pour la faune piscicole

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Afin de répondre à l’objectif de diversification des habitats, plusieurs aménagements minéraux ont été réalisés. Des blocs de carrière ont été installés dans le cours d’eau et agencés de manière à diversifier ponctuellement les écoulements (épis, seuils de fond etc.), à créer des zones plus profondes (zones de repos pour les poissons) et des zones de courants plus rapides et étalés (zones de nourrissage). La création de banquette alternée a été aussi utilisée pour diversifier les faciès d’écoulement et entretenir des faciès rapides favorables à la reproduction de la truite et de l’ombre commun notamment et créer des fosses attractives pour les poissons et leur refuge.

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Ces actions ont été ponctuelles et simples à mettre en œuvre sans modifier la forme général du lit mineur. C’est près de 1,5 kilomètre de rivière qui a été traité ainsi.

Création d’un nouveau lit

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Sur deux secteur particuliers, qui représentent 700 m environ, la renaturation a consisté à la création d’un nouveau lit écologiquement plus fonctionnelle de l’étiage jusqu’aux petites crues. Des terrassements importants ont permis d’élargir le lit moyen afin que s’exprime une végétation et des milieux diversifiés. Le lit moyen est ainsi passé d’une largeur homogène de 5 à 7 m avant travaux à 10 à 20 m après travaux.
Un traitement particulier du lit mineur a été fait pour s’adapter aux étiages de plus en plus sévères sur les cours d’eau. Le lit mineur a été terrassé en forme de « carreaux » en raison de la nature peu cohésive des terrains et du risque de sur-largeur du lit mineur. A terme, la rivière pourra créer son propre tracé sinueux et concentrer la rivière en période de basses eaux.

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Les faits marquants du chantier

Novembre 2018, les travaux de restauration du Glandon se terminent. Depuis aout 2018, les entreprises Vinci, Bois des Alpes et Geco réalisent les travaux dans des conditions favorables exceptionnelles puisque depuis fin septembre le Glandon s’est asséché. Pendant plusieurs semaines, le cours d’eau est ainsi resté complètement sec ! Heureusement dès la fin des travaux, les débits sont revenus avec les premières petites crues qui commencent déjà à jouer leur rôle morphologiques (creusement de fosses, dépôts de graves sur les radiers et modelage du lit mineur).

La présence du castor sur le Glandon depuis quelques années a nécessité une prise en compte particulière durant les travaux. Certains boisement en bord de lit et son barrage ont été maintenus et physiquement protégés.  Un bras secondaire en parallèle a été créé pour décharger une partie des débits. Des plantations spécifiques (boutures de saules) sont prévues pour le printemps 2019.

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Sans nul doute qu’à terme la renaturation va lui être très favorable en redonnant au Glandon une certaine dynamique et plus d’espace !

 


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