Le funiculaire du Touvet, situé sur le versant ouest du massif de la Chartreuse, relie la vallée du Grésivaudan au plateau des Petites Roches. Son tracé historique traverse un relief important, marqué par des falaises abruptes, des versants boisés très pentus et des zones difficiles d’accès.

Dans le cadre du projet de sécurisation et de réhabilitation de l’ouvrage, la Communauté de Communes Le Grésivaudan a confié à Teréo la réalisation d’un diagnostic écologique complet visant à mieux connaître les espèces et habitats présents sur le site et à anticiper les enjeux environnementaux liés aux futurs travaux.

Mais sur ce site, la principale difficulté n’est pas seulement écologique : elle est aussi logistique. Une grande partie du tracé se situe en falaise ou dans des versants très escarpés, rendant les prospections classiques difficiles, voire impossibles.

Pour répondre à ces contraintes, les équipes de Teréo ont mis en œuvre une approche combinant photogrammétrie par drone et inventaires naturalistes sur corde.

Un site spectaculaire… et difficile d’accès

Le tracé du funiculaire s’insère dans une faille naturelle marquée dans la falaise et traverse un versant abrupt composé de falaises verticales pouvant atteindre plusieurs dizaines de mètres de hauteur.

Ces formations rocheuses constituent des habitats potentiels pour de nombreuses espèces, notamment :

  • La flore rupicole, adaptée aux milieux rocheux,
  • Certaines espèces d’oiseaux nichant en falaise,
  • Et des chauves-souris susceptibles d’utiliser les fissures ou cavités comme gîtes.

Pour inventorier correctement ces milieux, il est nécessaire de pouvoir observer directement les parois rocheuses, leurs fissures et leurs cavités.

Vue d’ensemble de la zone d’étude

Le drone : une première lecture du relief

Avant toute intervention en falaise, un survol par drone a été réalisé afin de cartographier précisément la paroi rocheuse et ses abords.

Les vols ont été réalisés avec un recouvrement important des images, permettant de reconstruire la falaise en 3D. Cette modélisation a généré un nuage de points détaillé représentant l’ensemble du versant rocheux.

Ce modèle constitue un véritable outil d’aide à l’analyse pour les écologues. Il permet notamment d’identifier les fissures et cavités susceptibles d’abriter des espèces, de repérer les vires rocheuses ou les zones végétalisées et surtout de préparer les interventions en falaise en ciblant les zones à prospecter.

L’utilisation de la photogrammétrie permet ainsi d’optimiser les inventaires en limitant les déplacements inutiles et en améliorant la sécurité des équipes sur le terrain.

 

Photogrammétrie de la falaise, vue d’ensemble
Zoom sur une fissure identifiée sur la paroi

Descendre en falaise pour observer les habitats

Malgré la précision de la modélisation par drone, certaines observations nécessitent une inspection directe des parois rocheuses.

Les inventaires naturalistes ont donc été réalisés par des écologues de Teréo Alpes du Sud, formés aux techniques de progression sur corde. Ces interventions permettent d’accéder à des zones habituellement inaccessibles depuis le sol, comme les fissures, les anfractuosités ou les petites cavités présentes dans la paroi.

Ces microhabitats peuvent constituer des gîtes potentiels pour les chauves-souris, ou accueillir une flore spécialisée des milieux rupestres.

Lors de ces interventions, les écologues ont notamment utilisé des caméras endoscopiques afin d’inspecter l’intérieur de certaines fissures et cavités.

Recherche de chauves-souris dans une fissure de la falaise

Explorer les cavités et fissures de la falaise

L’exploration des falaises a permis d’identifier de nombreuses fissures et cavités susceptibles d’accueillir des espèces cavernicoles.

Certaines fissures peuvent atteindre plusieurs mètres de hauteur et offrir des conditions favorables pour l’installation de chauves-souris, notamment comme gîtes temporaires.

Les investigations ont donc consisté à inspecter visuellement les cavités, rechercher des indices de présence (individus, guano) et analyser les caractéristiques des microhabitats.

Même si aucun chiroptère n’a été observé lors des prospections réalisées au printemps 2025, ces structures restent potentiellement favorables et devront être prises en compte dans l’analyse écologique du projet.

 

Adapter les méthodes aux contraintes du terrain

Les inventaires réalisés sur le site du funiculaire du Touvet illustrent l’importance d’adapter les méthodes d’étude aux contraintes du terrain.

Sur des sites escarpés ou difficilement accessibles, l’association des outils numériques comme la photogrammétrie par drone et d’interventions spécialisées en falaise permet d’obtenir un niveau d’information comparable à celui d’un site plus accessible.

Cette complémentarité entre technologie et expertise terrain constitue aujourd’hui un levier important pour améliorer la qualité des diagnostics écologiques, même dans les environnements les plus contraints.

 

Antoine REYMOND