Sur les rails de la biodiversité parisienne…

Depuis 2014, TEREO réalise des inventaires faune-flore sur des friches ferroviaires parisiennes dans le cadre de projets d’aménagement urbain. Ces espaces non exploités au cœur de Paris offrent en effet un gros potentiel pour aménager de nouveaux quartiers au sein du tissu urbain.

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L’étude de ces milieux artificialisés et aujourd’hui abandonnés a révélé des surprises. D’une part, les observations montrent que la flore et la faune reviennent rapidement sur le site après l’exploitation. D’autre part, certaines espèces étonnantes se développent dans ces conditions peu naturelles. La « Petite Ceinture » offre une idée du devenir des espaces ferroviaires abandonnées. Cette ceinture verte autour de Paris constitue aujourd’hui un corridor écologique, un espace de vie pour la faune et la flore mais aussi pour les parisiens.

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Après l’abandon de l’exploitation, on observe l’installation de flore rudérale, composée d’espèces peu exigeantes souvent pionnières colonisant aisément les milieux perturbés : pâturin annuel, orge des rats, mélilot blanc,… La flore exotique envahissante (buddléia de David, séneçon du Cap,…) et les espèces plantées ou « échappées de jardin » sont également très présentes et concurrencent fortement la flore locale.

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Laîche précoce

Des plantes très surprenantes peuvent également se développer entre les rails où elles trouvent des habitats originaux, chauds et secs. Ainsi, dans le XIIème  arrondissement, la laîche précoce, « en danger » sur la liste rouge d’Ile-de-France, a été observée. Cette espèce se développe habituellement sur des pelouses sableuses. Elle n’avait pas été observée depuis 1879 dans le XIIème arrondissement et depuis 1954 sur la commune de paris (Source : CBNBP). Dans le XVIIIème arrondissement, le plantain des sables, une espèce se développant naturellement sur les pelouses sablonneuses et les alluvions de cours d’eau, a été observé sur les ballasts des voies. Il est considéré « quasi-menacé » en Ile-de-France.

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Accenteur mouchet

Les friches ferroviaires offrent également un habitat à certaines espèces de faune : Les lézards des murailles sont présents en nombre sur les ballasts. Le hérisson d’Europe et le lapin de garenne peuvent y être observés. Les bâtiment
s et la végétation arbustive et arborée permettent la nidification d’oiseaux communs (rougequeue noir, mésange bleue, accenteur mouchet,…). Le faucon crécerelle est parfois observé en chasse au-dessus des friches. Les papillons et les criquets trouvent également dans les friches herbacées ou minérales un milieu de vie propice. Parmi les espèces les plus remarquables, on peut citer l’azuré des cytises, papillon protégé en Ile-de-France, et l’oedipode aigue-marine, un criquet rare dans la région.

La biodiversité ne concerne donc pas que les espaces ruraux et naturels. La flore et la faune, souvent discrètes, sont présentes jusqu’au sein des villes dès qu’un petit espace leur permet de s’installer. Cette question de la biodiversité urbaine est de plus en plus prise en compte dans les politiques d’aménagement, notamment à Paris. Les nouveaux quartiers intègrent des espaces verts gérés de façon à accueillir la biodiversité des villes et à offrir aux habitants des espaces de tranquillité.


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