Des méduses en eau douce…

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Un peu de systématique : Craspedacusta sowerbyi est un animal ; elle appartient à l’embranchement des cnidaires (comme les coraux et les anémones de mer) et à la classe des hydrozoaires, comme toutes les autres méduses, mais également comme les gorgones et les hydres. Il s’agit d’une des rares espèces de méduse d’eau douce.

Elle mesure à l’âge adulte de 1 à 2 centimètres de diamètre. Elle commence sa vie sous la forme d’un polype, accroché aux substrats sub-aquatiques. Ces polypes se reproduisent de manière asexuée par bourgeonnement. Cependant, certains d’entre eux prennent au cours de leur développement une forme libre et deviennent des méduses dans le but d’assurer une reproduction sexuée.  Les larves issues de cette reproduction se posent au fond et deviennent à leur tour des polypes…

Craspedacusta sowerbyi se nourrit de petits organismes planctoniques (daphnies, copépodes…) qui sont capturés à l’aide de 400 tentacules disposés autour de son ombrelle.

Il s’agit d’une des rares espèces animales à être présente dans toutes les eaux douces de la planète, hormis les zones polaires. En Europe, il s’agit d’une espèce exotique, bien que l’on ne connaisse pas précisément sa région d’origine (certains évoquent le bassin versant du Yangzi Jiang en Chine). Encore peu étudiée, elle ne semble toutefois pas avoir d’impact significatif sur les écosystèmes qu’elle fréquente.

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C’est l’été dernier, en réalisant des prélèvements dans une gravière qu’un membre de l’équipe a croisé cette espèce, en canoë.  Des milliers d’individus étaient visibles à proximité de la surface dérivant dans les courants crées par le vent.

Les gravières sont des plans d’eau artificiels créés par l’exploitation des granulats des plaines alluviales et remplis par l’eau des nappes phréatiques. Elles ponctuent le paysage de nombreuses vallées françaises, comme celle de l’Isère entre Albertville et Grenoble, où est installé TEREO. Malgré leur vocation industrielle, les gravières peuvent devenir, après la fin de leur exploitation, des milieux attractifs abritant de nombreuses espèces animales et végétales.

Le SYMBHI (Syndicat Mixte des Bassins Hydrauliques de l’Isère) mène depuis plusieurs années des projets de protection contre les crues de la région grenobloise. Ces projets, sur lesquels nous intervenons, intègrent une revalorisation environnementale des milieux aquatiques annexes à l’Isère tels qu’ils existaient dans le lit majeur avant les aménagements des XIXème et XXème siècles. Plusieurs gravières feront ainsi l’objet dans un proche avenir de réaménagements (diminution des pentes de berges, création de hauts fonds, reconnexion au lit de l’Isère…).

Un dernier mot sur les méduses pour préciser que nos collègues sont ressortis indemnes de leurs contacts avec elles. Elles ne sont donc pas urticantes !


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