A la découverte des naïades d’Aiguebelette, entre mythologie et prairie submergée…

Pour la 3ème année consécutive, Teréo assure le suivi du développement de deux espèces protégées, Najas marina et Najas minor, présentes sur l’emprise du nouveau bassin d’aviron du lac d’Aiguebelette.

Ce suivi a pour objectif à la fois de suivre l’impact éventuel du bassin et d’apporter des connaissances scientifiques sur le développement de ces deux espèces mal connues à ce jour. L’observation des différents stades de développement, de leur emprise spatiale, les analyses physico-chimiques d’eau et des sédiments et les enregistrements en continu des températures permettront de mieux comprendre les facteurs essentiels

 Affleurement naïades  Pointage GPS stations  Observation sous-marine
Affleurement des naïades du massif du ponton Pointage GPS des stations Observation sous-marine des pieds de naïades

Les deux naïades sont des plantes aquatiques annuelles vivant entièrement submergées. Dans les régions chaudes, Najas marina se développe sur plusieurs années, mais dans les régions tempérées, on parle de plante annuelle car sa mort est programmée à l’automne quand la température de l’eau se rafraichit.

Les pieds de grande naïade (Najas marina) mesurent entre 10 et 50 cm mais peuvent atteindre facilement 2 m. Fragile elle se casse facilement sous l’impact des vagues.

 Pied de Najas marina  Fleur de Najas marina  Graines de Najas marina
Pied de Najas marina Fleur de Najas marina Graines de Najas marina

Le suivi a permis d’observer le développement de Najas marina jusqu’à 5-6 m de profondeur formant par endroit de véritables prairies submergées. La plante commence à se développer à Aiguebelette à partir de fin mai – début juin pour atteindre son extension maximale fin aout – début septembre.

La floraison a lieu en été à partir de début juillet. Les fleurs, peu visibles, sont dioïques (fleurs mâles et femelles portées par des pieds différents). La pollinisation se fait sous l’eau et est effectuée par les mouvements de l’eau (hydrogame). Les fruits sont secs et ne s’ouvrent pas. Leur taille varie de 4 à 6 mm.

Cette espèce passe l’hiver sous forme de graines. En région tempérée elle survit indirectement grâce au développement de bourgeons destinés à passer l’hiver : les hibernacles ou turions. Les graines peuvent garder leur pouvoir germinatif plusieurs années.

Les pieds petite naïade (Najas minor) mesurent entre 10 et 25 cm (jusqu’à 1m). Cette espèce est présente en plus faible densité sur le lac d’Aiguebelette et n’est pas observée chaque année.

Les fleurs, petites et vertes, sont regroupées à l’aisselle des feuilles. Les fleurs mâles et femelles sont portées par des pieds différents. La floraison est observée en été à partir de début août sur le lac d’Aiguebelette. Les tiges fructifiées se fragmentent très facilement à l’automne favorisant la dispersion des graines. Cette espèce passe l’hiver uniquement sous forme de graines.

 En bref

Ces espèces sont liées à des eaux claires, peu acides et assez pauvres en nutriments. Leurs milieux de prédilection cités dans la littérature sont les eaux tranquilles et peu profondes (jusqu’à 4m) des mares, étangs ou rivières à courant lent de l’étage collinéen. Cependant leur présence est avérée sur les zones littorales des lacs d’Aiguebelette et du Bourget jusqu’à 6 m de profondeur.

Le développement de ces deux espèces est très volatile dans l’espace et dans le temps. Le massif suivi principalement s’étend sur 4 309 m² en 2014, 6260 m² en 2015 et 6577 m² en 2016 mais son emprise se déplace selon les années plus au nord ou plus au sud.

A l’échelle du lac d’Aiguebelette la superficie cumulée des herbiers de naïades passe de 1,73 ha en 2014 à 2,44 ha en 2015 et 2,22 ha en 2016.

L’écologie de ces espèces apparaît très dépendante de la thermie. Le suivi en place depuis 3 ans en parallèle à l’observation des plantes, permettra d’approcher plus spécifiquement le rôle de la température sur les différentes phases de développement.

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